Retour sur la Balade-​Enquête du 27 avril

Alors que le prin­temps est revenu, il était temps de réa­li­ser un nouvel état des lieux des amé­na­ge­ments cyclables dans notre Métropole. Cette fois-​ci, c’est l’axe Est-​Ouest de Saint-​Étienne qui a consti­tué le coeur de la balade à vélo, du centre com­mer­cial Steel jus­qu’à Saint-​Genest-​Lerpt. Revivez la balade avec nous dans ce compte-rendu.

Vers un prolongement de la voie verte jusqu’à Monthieu

Si le Centre Commercial Steel reste rela­ti­ve­ment très mal des­servi en terme d’a­mé­na­ge­ments cyclables, et ce malgré la pré­sence d’une sta­tion de Vélivert, de grands chan­ge­ments sont en préparation.

En effet, l’EPASE (Institut public chargé notam­ment du déve­lop­pe­ment de cer­tains quar­tiers de Saint-​Étienne), a prévu le pro­lon­ge­ment jus­qu’au sec­teur du Pont-​de-​l’Âne de la voie verte dite « des mémoires ferroviaires ».

La réa­li­sa­tion de cette axe per­met­tra à terme une conti­nuité com­plète allant du Stade Geoffrey Guichard jus­qu’au car­re­four de Monthieu. Une grande partie du traçé repren­dra ou lon­gera le tracé fer­ro­viaire historique.

Vue depuis le balcon-​terrasse du Pont de L’Âne.

Une entrée de ville toujours pas à la hauteur

Alors qu’elle consti­tue l’en­trée prin­ci­pale de Saint-​Étienne pour les per­sonnes venant de Lyon, la rue de la Montat conti­nue à consti­tuer un repous­soir pour les mobi­li­tés douces.

Côté cyclable, la chaus­sée est par­ta­gée avec les bus, et ce alors même que la pente impor­tante occa­sionne une grande dif­fé­rence de vitesse entre bus et cyclistes. 

La situa­tion n’est guère meilleure pour les pié­tons, qui sont quand à eux obli­gés de se conten­ter d’un unique trot­toir sur le côté gauche.

Illustration Google Maps Street View. Rue de la Montat.

A l’in­ter­sec­tion avec la rue Achille Haubtmann, un choix se pose : conti­nuer sur la rue de la Montat ou bien emprun­ter une piste cyclable bidi­rec­tion­nelle. Le choix de cette der­nière est rendu com­pli­qué pour plu­sieurs raisons :

  • Aucun pan­neau n’in­dique le début de cette piste cyclable
  • Cette piste cyclable ne permet pas d’in­ter­con­nexion avec le quar­tier du Soleil via le Boulevard Fauriat
  • Après quelques cen­taines de mètres, la piste s’ar­rête nette, sans interconnexion.

Dans l’autre sens, la pré­sence d’un feu orange cli­gno­tant pour les cyclistes montre éga­le­ment que la conti­nuité a été mise de côté pour ral­lier la rue de la Montat. Ce feu se déclen­chant au même moment que celui de la voie moto­ri­sée, les conflits sont inévi­tables. Le choix d’avan­cer le feu plus loin au niveau de l’in­ter­sec­tion (à priori non retenu en raison d’une néces­sité de garder un angle de gira­tion large pour les quelques camions des­ser­vant la chauf­fe­rie cen­trale toute proche) ou le réglage du feu cycliste pour qu’il se déclenche quelques secondes avant celui des moto­ri­sés per­met­trait de réduire un mini­mum les conflits d’usages. 

Illustration Google Maps Street View. Rue Achille Haubtmann.

Gare de Châteaucreux : des nouveautés pour le stationnement

Sous le par­king à étage de la Gare, un grand nombre de sta­tion­ne­ment vélo ont fait leur appa­ri­tion. Abrité des intem­pé­ries, sous sur­veillance, ce sys­tème à 2 niveaux a fait ses preuves et permet de ranger un très grand nombre de vélos. L’accès au rack haut se fait à l’aide d’un contre-​poids qui com­pense un peu le poids du vélo, même si cela demande une cer­taine technique.

Ce sta­tion­ne­ment souffre encore une fois d’un cruel manque de visi­bi­lité. Aucun pan­neau ne l’in­dique, il n’est relié à aucun amé­na­ge­ment cyclable, et son rela­tif éloi­gne­ment vis à vis de la Gare l’empêche de deve­nir une n’est pas pri­vi­lé­gié par les cyclistes en quête de stationnement.

Direction Fourneyron, à la recherche de la piste perdue

Autre porte d’en­trée majeure de la ville, l’axe entre la Gare de Chateaucreux et la Place Fourneyron consti­tue un iti­né­raire emprunté chaque jour par de nombreu.x.ses cyclistes. Le prin­ci­pal point de conflit se situe à l’ex­tré­mité de la Place Fourneyron, dans les 2 sens de cir­cu­la­tion ou quelques pic­to­grammes vélo peints au sol entre­tiennent la confu­sion sur l’emplacement réel de cet axe cyclable.

Traversée du Centre-​Ville, plusieurs options

De l’autre côté de la Place Fourneyron, plu­sieurs solu­tions s’offrent aux cyclistes. Panneau publi­ci­taires, pots de fleurs, sta­tion de Vélivert (!), le choix est votre pour déter­mi­ner l’obs­tacle dans lequel vous encas­trer si vous chois­sis­sez de passer par l’a­ve­nue de la Libération.

Si cer­tains empruntent les rails du tram­way, la rue de la République consti­tue une autre option pour atteindre la Place de l’Hôtel de Ville, même si la vitesse des cer­tains auto­mo­bi­listes peu scru­pu­leux peut faire redou­ter de l’emprunter.

Enfin, une autre option est d’emprunter le double sens cyclable des rue Elise Gervais et Pierre Bérard. Ces rues à la cir­cu­la­tion rela­ti­ve­ment apai­sée per­mettent aux cyclistes de cir­cu­ler dans les deux sens entre la Place Fourneyron et le Square Violette.

Illustration Google Maps Street View. Rue Elise Gervais.

Zone 30 en centre-​ville : Suffisant ?

Si la tra­ver­sée du Centre-​Ville n’a pas consti­tuée une dif­fi­culté par­ti­cu­lière, 2 points sont à relever :

  • Certaines rues à sens uniques conti­nuent, au mépris de la loi, de ne pas être ouvertes à double sens pour les cyclistes. Si la Mairie peut prendre des arrê­tés pour jus­ti­fier ce choix sur cer­taines confi­gu­ra­tions par­ti­cu­lières (pas­sage de bus notam­ment), la situa­tion reste extrê­me­ment flou à Saint-Étienne.
  • Le pas­sage de cer­taines rues en « zone de ren­contre » limi­tée à 20km/​h et don­nant pleine prio­rité aux pié­tons paraît être une néces­sité et est de facto déjà le cas au niveau de la Place Dorian. Cela ne pourra pro­ba­ble­ment plei­ne­ment se faire qu’en sup­pri­mant le traf­fic de tran­sit tra­ver­sant et encom­brant inuti­le­ment le coeur de ville.

Ascension de Michon : pourtant si près du but

Si notre ville est connue pour ses légen­daires « 7 col­lines », il en faut plus pour arrê­ter notre groupe de cyclistes-​enquêteurices. En route vers Michon donc !

Pendant toute la montée, c’est une simple bande qui sépare les cyclistes de la cir­cu­la­tion moto­ri­sée. A cet endroit, la faible vitesse des vélos crée une énorme dif­fé­rence de vitesse. 

L’espace pour­rait pour­tant être amé­nagé, la chaus­sée, très large, permet la d’en­vi­sa­ger la créa­tion d’une véri­table piste sécurisée.

À l’ar­ri­vée à Michon, un bouton de feu cycliste permet de blo­quer le car­re­four du tunnel pour per­mettre la tra­ver­sée en sécu­rité. Une solu­tion qui nous parai­trait opti­male si le bouton n’é­tait pas situé… sur le trottoir.

Le fran­chis­se­ment fait, c’est sur une sorte de trottoir/​piste par­tagé que l’on va pou­voir rejoindre le parc des sports de Michon. 

L’aménageur semble avoir encore une fois optés pour la solu­tion la plus simple, en pei­gnant la piste cyclable sur le trot­toir, heu­reu­se­ment élar­gie pour l’oc­ca­sion. Cette ins­tal­la­tion, non régle­men­taire (ni le trot­toir, ni la piste ne font la lar­geur mini­male légale), consti­tue tou­te­fois une solu­tion tem­po­raire conve­nable, en espé­rant un réamé­na­ge­ment com­plet du car­re­four et du tunnel.

Jusqu’à Saint-​Genest-​Lerpt… ou presque !

Une fois le parc des sports de Michon tra­versé, il faut alors prendre la direc­tion de Saint-Genest-Lerpt. 

Sur les pan­neaux, seul la direc­tion « Bourdel » est indiquée. 

En venant de Saint-​Genest-​Lerpt, le pan­neau indique quand à lui « Impasse Barthélémy Thimonnier ».

Pourquoi le choix de noms si peu évo­ca­teurs sur l’indication ? 

Ce choix de pan­neaux montre bien que la notion de réseau cyclable et de conti­nuité est loin d’être ancrée dans la métro­pole stéphanoise.

En direc­tion de « Bourdel » donc, on se retrouve sur une véri­table piste cyclable bidi­rec­tion­nelle, bien sépa­rée de la cir­cu­la­tion et très agréable. Il est effa­rant de voir qu’un tel axe ne puisse pas mieux être exploité, du fait d’une absence com­plète de conti­nuité de part et d’autres.

La piste s’ar­rête au niveau du rond-​point Dourdel, non sans inci­ter le cycliste à prendre le rond-​point à l’en­vers. En cause, une connexion désas­treuse sur le rond-​point ne res­pec­tant défi­ni­ti­ve­ment aucune règle d’a­mé­na­ge­ment routier.

Aucun amé­na­ge­ment cyclable n’existe jus­qu’au centre-​ville de Saint-Genest-Lerpt.

Conclusions et perspectives

Le poten­tiel d’une liai­son cyclable conti­nue est-​ouest n’est plus à démon­trer, et elle est d’ailleurs actée à la fois dans le Plan Vélo et dans le Plan des Mobilités de Saint-​Etienne Métropole.

Si elle a long­temps été négli­gée par les pou­voirs publics, arguant que le fort déni­velé à plu­sieurs endroits ren­dait le par­cours peu attrac­tif, et qu’en centre-​ville l’é­troi­tesse des rues ren­dait impos­sible tout amé­na­ge­ment, il est main­te­nant l’heure de réamé­na­ger cet axe majeur en consi­dé­rant la tota­lité des mobilités.

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Si vous sou­hai­tez nous rejoindre pour une pro­chaine balade enquête, ce sera le 6 juillet, plus d’in­fos dans un pro­chain article.