Alors que le printemps est revenu, il était temps de réaliser un nouvel état des lieux des aménagements cyclables dans notre Métropole. Cette fois-ci, c’est l’axe Est-Ouest de Saint-Étienne qui a constitué le coeur de la balade à vélo, du centre commercial Steel jusqu’à Saint-Genest-Lerpt. Revivez la balade avec nous dans ce compte-rendu.
Vers un prolongement de la voie verte jusqu’à Monthieu
Si le Centre Commercial Steel reste relativement très mal desservi en terme d’aménagements cyclables, et ce malgré la présence d’une station de Vélivert, de grands changements sont en préparation.
En effet, l’EPASE (Institut public chargé notamment du développement de certains quartiers de Saint-Étienne), a prévu le prolongement jusqu’au secteur du Pont-de-l’Âne de la voie verte dite « des mémoires ferroviaires ».
La réalisation de cette axe permettra à terme une continuité complète allant du Stade Geoffrey Guichard jusqu’au carrefour de Monthieu. Une grande partie du traçé reprendra ou longera le tracé ferroviaire historique.

Une entrée de ville toujours pas à la hauteur
Alors qu’elle constitue l’entrée principale de Saint-Étienne pour les personnes venant de Lyon, la rue de la Montat continue à constituer un repoussoir pour les mobilités douces.
Côté cyclable, la chaussée est partagée avec les bus, et ce alors même que la pente importante occasionne une grande différence de vitesse entre bus et cyclistes.
La situation n’est guère meilleure pour les piétons, qui sont quand à eux obligés de se contenter d’un unique trottoir sur le côté gauche.

A l’intersection avec la rue Achille Haubtmann, un choix se pose : continuer sur la rue de la Montat ou bien emprunter une piste cyclable bidirectionnelle. Le choix de cette dernière est rendu compliqué pour plusieurs raisons :
- Aucun panneau n’indique le début de cette piste cyclable
- Cette piste cyclable ne permet pas d’interconnexion avec le quartier du Soleil via le Boulevard Fauriat
- Après quelques centaines de mètres, la piste s’arrête nette, sans interconnexion.

Dans l’autre sens, la présence d’un feu orange clignotant pour les cyclistes montre également que la continuité a été mise de côté pour rallier la rue de la Montat. Ce feu se déclenchant au même moment que celui de la voie motorisée, les conflits sont inévitables. Le choix d’avancer le feu plus loin au niveau de l’intersection (à priori non retenu en raison d’une nécessité de garder un angle de giration large pour les quelques camions desservant la chaufferie centrale toute proche) ou le réglage du feu cycliste pour qu’il se déclenche quelques secondes avant celui des motorisés permettrait de réduire un minimum les conflits d’usages.

Gare de Châteaucreux : des nouveautés pour le stationnement


Sous le parking à étage de la Gare, un grand nombre de stationnement vélo ont fait leur apparition. Abrité des intempéries, sous surveillance, ce système à 2 niveaux a fait ses preuves et permet de ranger un très grand nombre de vélos. L’accès au rack haut se fait à l’aide d’un contre-poids qui compense un peu le poids du vélo, même si cela demande une certaine technique.
Ce stationnement souffre encore une fois d’un cruel manque de visibilité. Aucun panneau ne l’indique, il n’est relié à aucun aménagement cyclable, et son relatif éloignement vis à vis de la Gare l’empêche de devenir une n’est pas privilégié par les cyclistes en quête de stationnement.
Direction Fourneyron, à la recherche de la piste perdue
Autre porte d’entrée majeure de la ville, l’axe entre la Gare de Chateaucreux et la Place Fourneyron constitue un itinéraire emprunté chaque jour par de nombreu.x.ses cyclistes. Le principal point de conflit se situe à l’extrémité de la Place Fourneyron, dans les 2 sens de circulation ou quelques pictogrammes vélo peints au sol entretiennent la confusion sur l’emplacement réel de cet axe cyclable.


Traversée du Centre-Ville, plusieurs options

De l’autre côté de la Place Fourneyron, plusieurs solutions s’offrent aux cyclistes. Panneau publicitaires, pots de fleurs, station de Vélivert (!), le choix est votre pour déterminer l’obstacle dans lequel vous encastrer si vous choississez de passer par l’avenue de la Libération.



Si certains empruntent les rails du tramway, la rue de la République constitue une autre option pour atteindre la Place de l’Hôtel de Ville, même si la vitesse des certains automobilistes peu scrupuleux peut faire redouter de l’emprunter.
Enfin, une autre option est d’emprunter le double sens cyclable des rue Elise Gervais et Pierre Bérard. Ces rues à la circulation relativement apaisée permettent aux cyclistes de circuler dans les deux sens entre la Place Fourneyron et le Square Violette.

Zone 30 en centre-ville : Suffisant ?
Si la traversée du Centre-Ville n’a pas constituée une difficulté particulière, 2 points sont à relever :
- Certaines rues à sens uniques continuent, au mépris de la loi, de ne pas être ouvertes à double sens pour les cyclistes. Si la Mairie peut prendre des arrêtés pour justifier ce choix sur certaines configurations particulières (passage de bus notamment), la situation reste extrêmement flou à Saint-Étienne.
- Le passage de certaines rues en « zone de rencontre » limitée à 20km/h et donnant pleine priorité aux piétons paraît être une nécessité et est de facto déjà le cas au niveau de la Place Dorian. Cela ne pourra probablement pleinement se faire qu’en supprimant le traffic de transit traversant et encombrant inutilement le coeur de ville.
Ascension de Michon : pourtant si près du but
Si notre ville est connue pour ses légendaires « 7 collines », il en faut plus pour arrêter notre groupe de cyclistes-enquêteurices. En route vers Michon donc !
Pendant toute la montée, c’est une simple bande qui sépare les cyclistes de la circulation motorisée. A cet endroit, la faible vitesse des vélos crée une énorme différence de vitesse.
L’espace pourrait pourtant être aménagé, la chaussée, très large, permet la d’envisager la création d’une véritable piste sécurisée.

À l’arrivée à Michon, un bouton de feu cycliste permet de bloquer le carrefour du tunnel pour permettre la traversée en sécurité. Une solution qui nous paraitrait optimale si le bouton n’était pas situé… sur le trottoir.

Le franchissement fait, c’est sur une sorte de trottoir/piste partagé que l’on va pouvoir rejoindre le parc des sports de Michon.
L’aménageur semble avoir encore une fois optés pour la solution la plus simple, en peignant la piste cyclable sur le trottoir, heureusement élargie pour l’occasion. Cette installation, non réglementaire (ni le trottoir, ni la piste ne font la largeur minimale légale), constitue toutefois une solution temporaire convenable, en espérant un réaménagement complet du carrefour et du tunnel.
Jusqu’à Saint-Genest-Lerpt… ou presque !
Une fois le parc des sports de Michon traversé, il faut alors prendre la direction de Saint-Genest-Lerpt.
Sur les panneaux, seul la direction « Bourdel » est indiquée.
En venant de Saint-Genest-Lerpt, le panneau indique quand à lui « Impasse Barthélémy Thimonnier ».
Pourquoi le choix de noms si peu évocateurs sur l’indication ?
Ce choix de panneaux montre bien que la notion de réseau cyclable et de continuité est loin d’être ancrée dans la métropole stéphanoise.


En direction de « Bourdel » donc, on se retrouve sur une véritable piste cyclable bidirectionnelle, bien séparée de la circulation et très agréable. Il est effarant de voir qu’un tel axe ne puisse pas mieux être exploité, du fait d’une absence complète de continuité de part et d’autres.
La piste s’arrête au niveau du rond-point Dourdel, non sans inciter le cycliste à prendre le rond-point à l’envers. En cause, une connexion désastreuse sur le rond-point ne respectant définitivement aucune règle d’aménagement routier.

Aucun aménagement cyclable n’existe jusqu’au centre-ville de Saint-Genest-Lerpt.
Conclusions et perspectives
Le potentiel d’une liaison cyclable continue est-ouest n’est plus à démontrer, et elle est d’ailleurs actée à la fois dans le Plan Vélo et dans le Plan des Mobilités de Saint-Etienne Métropole.
Si elle a longtemps été négligée par les pouvoirs publics, arguant que le fort dénivelé à plusieurs endroits rendait le parcours peu attractif, et qu’en centre-ville l’étroitesse des rues rendait impossible tout aménagement, il est maintenant l’heure de réaménager cet axe majeur en considérant la totalité des mobilités.
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Si vous souhaitez nous rejoindre pour une prochaine balade enquête, ce sera le 6 juillet, plus d’infos dans un prochain article.

