Présents un peu partout dans nos centres-villes, les feux tricolores à détection représentent un véritable défi pour les cyclistes qui ne déclenchent pas toujours les boucles de détection magnétiques.
Qui n’a jamais entendu dire que les cyclistes grillaient les feux rouges ? Si le respect des feux de circulation tricolores permet de garantir la sécurité de tous les usagers, le cycliste stéphanois n’a parfois d’autre choix que de se mettre en infraction s’il veut continuer sa route.
Une technologie inadaptée
Calibrées pour des véhicules de grande taille, les boucles de détection, répérables par les découpes rectangulaires sur la chaussée, sont trop souvent le seul moyen de faire passer un feu au vert. Trop petits et légers, les vélos ne sont alors pas détectés par la boucle magnétique. Si, à Saint-Étienne et dans le reste de la métropole, de rares feux sont équipés de boutons de déclenchement manuels sur le poteau du feu, cela reste une exception plutôt que la norme.

Dans certains cas, comme à l’intersection de la rue de la république et de la rue François Gillet à Saint-Étienne, la boucle de détection se situe carrément… sur le sas vélo (zone d’attente située avant un feu, réservée aux cyclistes). Ce feu est donc à priori infranchissable par tous les conducteurs et conductrices respectueux.ses du Code de la Route. Un voisin ulcéré a fini par créer sa propre signalisation en rajoutant une pancarte incitant les véhicules motorisés à s’avancer sur le sas vélo pour enfin déclencher le feu.

Une situation semblable se reproduit entre la rue Élise Gervais et la Place Fourneyron. Sur cette rue qui se situe sur un itinéraire cyclable plébiscité, le feu ne se déclenche pas au passage des cyclistes et aucun panneau M12 (transformant un feu en cédez le passage pour les vélos) n’est présent. Ce dernier pourrait permettre aux vélos d’accéder à l’espace qui leur est réservé avant la voie de tramway.
Une situation évitable ?
Ces feux à détection ont toujours leur place lorsqu’un axe majeur fortement emprunté croisent une route de desserte locale. En revanche, leur efficacité en plein centre-ville, sur des croisements ou l’axe principal n’est pas clairement identifié, est à remettre en cause.

Dans de nombreux cas, la mise en place de panneau M12 au niveau des feux permet au cycliste un franchissement à faible vitesse, en respectant la priorité des autres usagers et en particulier des piétons. Un inventaire de chacun de ces feux à détection devrait être établi et leur pertinence réévaluée.
Enfin, les municipalités et la Métropole de Saint-Étienne doivent immédiatemment traiter les situations dangereuses où la boucle magnétique, située sur le sas vélo, oblige les véhicules motorisés à commettre une infraction pour franchir les feux.
