Balade-​Enquête du 6 juillet : du HPL à la Place Carnot

Pour cette seconde balade-​enquête de l’an­née, Ocivélo est partie à la décou­verte d’un nouvel axe majeur de la ville. L’occasion de faire le point sur les amé­na­ge­ments récents, sur les tra­vaux en cours, et sur ce qu’il reste à accomplir.

La trame cyclable 3 : un axe cyclable majeur

L’axe emprunté du HPL jus­qu’à la Place Carnot suit le tracé de la Trame Cyclable 3, une voie cyclable majeure fai­sant partie du réseau struc­tu­rant déve­loppé par Saint Étienne Métropole. Pour rappel, vous pouvez suivre l’é­vo­lu­tion des réa­li­sa­tions de ces amé­na­ge­ments cyclables et voir le tracé des autres « lignes » sur le site de la trame cyclable sté­pha­noise.

Un Hopital encore mal connecté, mais peut-​être plus pour longtemps

Alors qu’il est entouré d’une part par une piste cyclable bidi­rec­tion­nelle et de l’autre par des bandes cyclables sur la pont fran­chis­sant la RN88, le sec­teur du HPL reste peu lisible pour les cyclistes, et ce malgré la pré­sence d’une sta­tion Vélivert.

Certains mar­quages atter­rissent car­ré­ment dans l’ar­rêt de bus.

De l’autre côté de la RN88, sur le Boulevard de la Palle on retrouve une piste cyclable bidi­rec­tion­nelle du côté Nord de la chaus­sée qui se trans­forme en double bande cyclable sur le pont. Côté HPL, un res­tant de mar­quage est d’a­bord pré­sent du côté nord le long du HPL puis la nou­velle piste bidi­rec­tion­nelle démarre du côté Sud, après l’in­ter­sec­tion avec le bou­le­vard Karl Marx. 

Ocivélo insiste sur la néces­sité de tra­vailler sur le fran­chis­se­ment du pont sur la RN88, sur la des­serte de l’ho­pi­tal et sur la tran­si­tion entre les 2 pistes bidirectionnelles.

Boulevard Alexandre de Fraissinette, enfin un aménagement à la hauteur

A partir du bou­le­vard Karl Marx, une piste cyclable bidi­rec­tion­nelle longe le bou­le­vard Alexandre de Fraissinette. Cet amé­na­ge­ment très qua­li­ta­tif est séparé de la cir­cu­la­tion moto­ri­sée par une bande végé­ta­li­sée. La piste est située à un niveau dif­fé­rent du trot­toir de sorte que la sépa­ra­tion cycle/​piéton est clai­re­ment déli­mi­tée. Continue sur presque 2 kilo­mètres jus­qu’au Rond-​Point, cette piste cyclable rem­plit plei­ne­ment son rôle d’axe struc­tu­rant en des­ser­vant tout le quar­tier de la Métare.

On note que les poteaux uti­li­sés pour empê­cher l’ac­cès à la piste aux véhi­cules non auto­ri­sés sont flexibles, même si leur uti­li­sa­tion devrait rester excep­tion­nelle. Des per­sonnes pré­sentes ce jour là ont fait remar­quer que la bande réflé­chis­sante collée sur la partie supé­rieure du poteau s’é­tait décol­lée. Sur cer­tains poteaux, elle n’é­tait plus du tout pré­sente. La nuit, ces poteaux noirs peuvent repré­sen­ter un danger impor­tant de col­li­sion pour les cyclistes emprun­tant la piste.

Le der­nier point de détail concerne les dif­fé­rentes inter­sec­tions. On note qu’une atten­tion par­ti­cu­lière a été portée sur le mar­quage au sol pour indi­quer le pas­sage des cycles. Pour les conduc­teurs de véhi­cules moto­ri­sés s’en­ga­geant sur le bou­le­vard Alexandre de Frayssinette, la prio­rité de la piste cyclable est clai­re­ment éta­blie par la pré­sence de pan­neaux et de mar­quages « Cédez le pas­sage » (excep­tion faite du croi­se­ment avec la rue Eugène Joly ou le mar­quage au sol semble avoir été oublié). En revanche la prio­rité est moins claire pour les véhi­cules quit­tant le boulevard.

Pour ces croi­se­ments le CEREMA sug­gère l’u­til­sa­tion d’un revê­te­ment de cou­leur dif­fé­rente pour dimi­nuer les risques de refus de prio­rité. On note d’ailleurs qu’à chaque inter­sec­tion, le revê­te­ment de la piste cyclable s’in­ter­rompt au niveau d’une double bor­dure en béton, ce qui donne le sen­ti­ment à tous que les cyclistes doivent lais­ser la prio­rité et entre en contra­dic­tion avec les pan­neaux de signa­li­sa­tion. Il aurait été pré­fé­rable que la bor­dure coupe la tra­jec­toire de la rue de des­serte per­pen­di­cu­laire plutôt que celle du boulevard.

Le Rond-​Point : un franchissement toujours complexe

Le retour à la réa­lité est brutal en arri­vant au Rond-Point. 

Sans aucun amé­na­ge­ment, cet échan­geur auto­rou­tier reste la bête noire des cyclistes et la raison pour laquelle de nom­breuses per­sonnes de la Métare refusent d’u­ti­li­ser un vélo pour se dépla­cer en centre-ville.

Pour les cyclistes sou­hai­tant emprun­ter le bou­le­vard de Frayssinette depuis la rond-​point, c’est un fran­chis­se­ment abrupt, à 90° et peint sur la chaus­sée qui les attend.

Il faut abso­lu­ment en finir avec ce type de mar­quage dan­ge­reux.

Des tra­vaux sont actuel­le­ment en cours sur le sec­teur du Rond-​Point, espé­rons qu’ils intègrent la réa­li­sa­tion d’in­fra­struc­tures cyclables sécu­ri­sées. Ocivélo n’a en tous cas jamais été consul­tée sur cet aménagement.

Cours Fauriel : le conflit permanent 

L’aménagement des pistes cyclables du Cours Fauriel est un contraste sai­sis­sant par rap­port à celle vue pré­cé­dem­ment. La conti­nuité de la piste est sans cesse inter­rom­pue par des fran­chis­se­ments au niveau de la voirie, alors que la piste se situe au niveau du trot­toir. Sur ce der­nier point, le conflit avec les pié­tons est d’ailleurs per­ma­nent, une simple bande sépare la partie pié­tonne de la partie cyclable. Les bancs, situés côté cyclable, ainsi que la bande végé­ta­li­sée, appré­ciée des per­sonnes pro­me­nant leurs chiens, sont autant d’élé­ments qui contri­buent à mettre en danger les piétons.

A la fin du Cours Fauriel, la piste cyclable est redi­ri­gée dans la contre-​allée et doit s’in­té­grer dans la cir­cu­la­tion géné­rale. A cet endroit, ce sont pas moins de 9 voies de cir­cu­la­tions qui sont dédiées aux véhi­cules moto­ri­sés. La pré­sence d’un feu dédié permet enfin de rejoindre la zone 30. À cet endroit il convient de maneu­vrer déli­ca­te­ment, le rabais­se­ment du trot­toir n’é­tant fait que sur quelques centimètres.

La parenthèse de la rue Crozet-Fourneyron

Des tra­vaux étant actuel­le­ment en cours dans le sec­teur de la rue Crozet-​Fourneyron, Ocivélo en a pro­fité pour aller décou­vrir l’a­van­cée de cet axe pensé pour les mobi­li­tés douces. Cette rue repré­sente un iti­né­raire alter­na­tif inté­res­sant pour relier la Place Chavanelle (et par exten­sion le centre-​ville) avec le Cours Fauriel. L’occasion de tester les nou­veaux pavés, qui semblent conve­nir pour le pas­sage de vélos, en tout cas, par temps sec !

Retour sur la trame : la farce du Cours Gustave Nadaud

Le Cours Gustave Nadaud recense cer­tai­ne­ment les plus belles pépites qui ont values à Saint-​Etienne d’ar­ri­ver avant-​dernière du clas­se­ment des grandes villes au Baromètre Cyclable 2025.

A cet endroit, le danger est tout aussi pré­sent sur le che­mi­ne­ment cyclable illi­sible – et inter­rompu par mobi­lier urbain et autres arrêts de bus – que sur le Cours en 2×2 voies ou les voi­tures dépassent allé­gre­ment les 50 km/​h auto­ri­sés. On ne peut qu’es­pé­rer que l’ar­ri­vée du bus M6+ per­met­tra d’en­fin repen­ser cette piste. Ocivélo avait d’ailleurs pu trans­mettre des sug­ges­tions sur les amé­na­ge­ments prévus le long du par­cours du bus.

Cascade réa­li­sée par Jean-​Louis, un pro­fes­sion­nel, ne pas repro­duire chez vous.

Direction Châteaucreux, mais par où ?

Jusqu’à Châteaucreux, le pas­sage par la rue Etienne Mimard n’est pas conseillé, en effet la piste peinte sur le trot­toir s’ar­rête bru­ta­le­ment devant le Lycée du même nom.

Sur l’a­ve­nue de la Libération, la pré­sence de la voie bus permet un pas­sage dans une sécu­rité rela­tive. Sur le trot­toir devant le Lycée Fauriel, l’oeil aguerri notera la pré­sence de petits plots ronds au milieu du trot­toir, ten­ta­tive avor­tée de faire passer une piste cyclable au milieu de la sortie des lycéens.

Arrivée sur la Place Fourneyron, la rue de Sorbiers est aujourd’­hui la seule voie réel­le­ment emprun­table par les cyclistes pour passer sur le sec­teur de Châteaucreux. L’absence com­plète d’in­di­ca­tions fait pour­tant que la plu­part pré­fèrent conti­nuer tout droit en direc­tion de la rue de la Montat. Il est dom­mage que ce petit axe réservé à la STAS ne soit pas offi­ciel­le­ment auto­risé pour les cyclistes, d’au­tant plus qu’il permet de faire la conti­nuité vers Terrenoire via la rue des Alliés.

Pour alter­ner par rap­port à la balade-​enquête pré­cé­dente, c’est la rue Ferdinand qui a été emprun­tée. Permettant de contour­ner la gare et d’ac­cé­der rapi­de­ment au bou­le­vard Jules Janin, elle consti­tue, avec son double sens cyclable effi­cace, un iti­né­raire plé­bis­cité malgré sa pente.

Il y a quelques mois, la pré­sence de tra­vaux ont néces­sité le pas­sage des véhi­cules par le par­king amé­nagé au milieu de la rue. Une vraie réflexion pour­rait être menée pour réamé­na­ger ce contour­ne­ment de manière per­ma­nente, afin de réduire la vitesse de tous les véhi­cules sur cet axe de desserte.

Boulevard Jules Janin : peut mieux faire

Avant de rejoindre le bou­le­vard Jules Janin, les membres de la com­mis­sion amé­na­ge­ment ont pris le temps d’ap­pré­cier un rare pan­neau de signa­li­sa­tion. La ques­tion du jalon­ne­ment est très impor­tante et elle manque cruel­le­ment à Saint-​Etienne. Ocivélo pro­pose pour­tant avec la Trame Cyclable une numé­ro­ta­tion des axes majeurs qui peut tout à fait être uti­li­sée dans le cadre d’un jalon­ne­ment à l’é­chelle de la métro­pole de Saint Etienne. C’est notam­ment ce qui a été le cas à Paris et à Lyon ou les ini­tia­tives asso­cia­tives ont fina­le­ment été rete­nues pour numé­ro­ter le réseau structurant.

Sur le Boulevard Jules Janin, le che­mi­ne­ment cyclable passe glo­ba­le­ment par les contre-​allées. Sans être un véri­table amé­na­ge­ment cyclable, l’u­ti­li­sa­tion des contre-​allées reste bien meilleure que d’emprunter le bou­le­vard, le danger prin­ci­pal étant alors les véhi­cules sor­tant de leur stationnement.

A l’in­ter­sec­tion avec le bou­le­vard Thiers, le fran­chis­se­ment ne peut se faire de manière sécu­ri­sée qu’en pas­sant par le pas­sage piéton (en ayant préa­la­ble­ment appuyé sur le bouton pour déclen­cher le feu piéton). En effet, la voie au niveau de la contre-​allée est un tourne-​à-​droite pour les véhi­cules moto­ri­sés, les vélos ne peuvent donc pas l’emprunter pour conti­nuer tout droit.

L’arrivée sur la Place Carnot se fait à nou­veau par une contre-​allée. A cet endroit la faible cir­cu­la­tion et le sta­tion­ne­ment en bataille per­mettent un pas­sage cyclable rela­ti­ve­ment sécu­risé. En revanche, pour retour­ner sur le bou­le­vard Jules Janin, l’axe bidi­rec­tion­nel est envoyé en contre-​sens sur le début de la rue Ampère.

Conclusion

Cette Trame Cyclable 3 est pro­ba­ble­ment l’une des plus hété­ro­gènes en ce qui concerne la qua­lité de ses amé­na­ge­ments. Si la conti­nuité cyclable est par­fai­te­ment assu­rée sur le sec­teur de la Métare et même, dans une cer­taine mesure au niveau du Cours Fauriel, elle dis­pa­rait com­plè­te­ment à partir du Cours Gustave Nadaud, lais­sant les cyclistes créer leurs propres iti­né­raires, ou sim­ple­ment aban­don­ner leur tra­ver­sée. Les amé­na­ge­ments cyclables ne doivent pas seule­ment être conçus pour les jeunes cadres se ren­dant sur leur lieux de tra­vail, ils doivent faire partie inté­grante des dépla­ce­ments de tous les habi­tants dans notre ville quel que soit leur âge.

Un bon amé­na­ge­ment cyclable, c’est un amé­na­ge­ment où l’on peut lais­ser cir­cu­ler ses enfants sans craindre pour leur sécurité.

Si vous l’a­viez raté, nous vous invi­tons à lire le compte-​rendu de la Balade-​Enquête qui s’é­tait dérou­lée le 27 avril, de Steel à Saint Genest-​Lerpt en cli­quant ici.

Suivez nous sur nos réseaux sociaux :