Pour cette seconde balade-enquête de l’année, Ocivélo est partie à la découverte d’un nouvel axe majeur de la ville. L’occasion de faire le point sur les aménagements récents, sur les travaux en cours, et sur ce qu’il reste à accomplir.

La trame cyclable 3 : un axe cyclable majeur
L’axe emprunté du HPL jusqu’à la Place Carnot suit le tracé de la Trame Cyclable 3, une voie cyclable majeure faisant partie du réseau structurant développé par Saint Étienne Métropole. Pour rappel, vous pouvez suivre l’évolution des réalisations de ces aménagements cyclables et voir le tracé des autres « lignes » sur le site de la trame cyclable stéphanoise.
Un Hopital encore mal connecté, mais peut-être plus pour longtemps
Alors qu’il est entouré d’une part par une piste cyclable bidirectionnelle et de l’autre par des bandes cyclables sur la pont franchissant la RN88, le secteur du HPL reste peu lisible pour les cyclistes, et ce malgré la présence d’une station Vélivert.

De l’autre côté de la RN88, sur le Boulevard de la Palle on retrouve une piste cyclable bidirectionnelle du côté Nord de la chaussée qui se transforme en double bande cyclable sur le pont. Côté HPL, un restant de marquage est d’abord présent du côté nord le long du HPL puis la nouvelle piste bidirectionnelle démarre du côté Sud, après l’intersection avec le boulevard Karl Marx.
Ocivélo insiste sur la nécessité de travailler sur le franchissement du pont sur la RN88, sur la desserte de l’hopital et sur la transition entre les 2 pistes bidirectionnelles.
Boulevard Alexandre de Fraissinette, enfin un aménagement à la hauteur
A partir du boulevard Karl Marx, une piste cyclable bidirectionnelle longe le boulevard Alexandre de Fraissinette. Cet aménagement très qualitatif est séparé de la circulation motorisée par une bande végétalisée. La piste est située à un niveau différent du trottoir de sorte que la séparation cycle/piéton est clairement délimitée. Continue sur presque 2 kilomètres jusqu’au Rond-Point, cette piste cyclable remplit pleinement son rôle d’axe structurant en desservant tout le quartier de la Métare.
On note que les poteaux utilisés pour empêcher l’accès à la piste aux véhicules non autorisés sont flexibles, même si leur utilisation devrait rester exceptionnelle. Des personnes présentes ce jour là ont fait remarquer que la bande réfléchissante collée sur la partie supérieure du poteau s’était décollée. Sur certains poteaux, elle n’était plus du tout présente. La nuit, ces poteaux noirs peuvent représenter un danger important de collision pour les cyclistes empruntant la piste.



Le dernier point de détail concerne les différentes intersections. On note qu’une attention particulière a été portée sur le marquage au sol pour indiquer le passage des cycles. Pour les conducteurs de véhicules motorisés s’engageant sur le boulevard Alexandre de Frayssinette, la priorité de la piste cyclable est clairement établie par la présence de panneaux et de marquages « Cédez le passage » (exception faite du croisement avec la rue Eugène Joly ou le marquage au sol semble avoir été oublié). En revanche la priorité est moins claire pour les véhicules quittant le boulevard.
Pour ces croisements le CEREMA suggère l’utilsation d’un revêtement de couleur différente pour diminuer les risques de refus de priorité. On note d’ailleurs qu’à chaque intersection, le revêtement de la piste cyclable s’interrompt au niveau d’une double bordure en béton, ce qui donne le sentiment à tous que les cyclistes doivent laisser la priorité et entre en contradiction avec les panneaux de signalisation. Il aurait été préférable que la bordure coupe la trajectoire de la rue de desserte perpendiculaire plutôt que celle du boulevard.
Le Rond-Point : un franchissement toujours complexe
Le retour à la réalité est brutal en arrivant au Rond-Point.
Sans aucun aménagement, cet échangeur autoroutier reste la bête noire des cyclistes et la raison pour laquelle de nombreuses personnes de la Métare refusent d’utiliser un vélo pour se déplacer en centre-ville.

Pour les cyclistes souhaitant emprunter le boulevard de Frayssinette depuis la rond-point, c’est un franchissement abrupt, à 90° et peint sur la chaussée qui les attend.
Il faut absolument en finir avec ce type de marquage dangereux.

Des travaux sont actuellement en cours sur le secteur du Rond-Point, espérons qu’ils intègrent la réalisation d’infrastructures cyclables sécurisées. Ocivélo n’a en tous cas jamais été consultée sur cet aménagement.
Cours Fauriel : le conflit permanent
L’aménagement des pistes cyclables du Cours Fauriel est un contraste saisissant par rapport à celle vue précédemment. La continuité de la piste est sans cesse interrompue par des franchissements au niveau de la voirie, alors que la piste se situe au niveau du trottoir. Sur ce dernier point, le conflit avec les piétons est d’ailleurs permanent, une simple bande sépare la partie piétonne de la partie cyclable. Les bancs, situés côté cyclable, ainsi que la bande végétalisée, appréciée des personnes promenant leurs chiens, sont autant d’éléments qui contribuent à mettre en danger les piétons.

A la fin du Cours Fauriel, la piste cyclable est redirigée dans la contre-allée et doit s’intégrer dans la circulation générale. A cet endroit, ce sont pas moins de 9 voies de circulations qui sont dédiées aux véhicules motorisés. La présence d’un feu dédié permet enfin de rejoindre la zone 30. À cet endroit il convient de maneuvrer délicatement, le rabaissement du trottoir n’étant fait que sur quelques centimètres.


La parenthèse de la rue Crozet-Fourneyron
Des travaux étant actuellement en cours dans le secteur de la rue Crozet-Fourneyron, Ocivélo en a profité pour aller découvrir l’avancée de cet axe pensé pour les mobilités douces. Cette rue représente un itinéraire alternatif intéressant pour relier la Place Chavanelle (et par extension le centre-ville) avec le Cours Fauriel. L’occasion de tester les nouveaux pavés, qui semblent convenir pour le passage de vélos, en tout cas, par temps sec !


Retour sur la trame : la farce du Cours Gustave Nadaud
Le Cours Gustave Nadaud recense certainement les plus belles pépites qui ont values à Saint-Etienne d’arriver avant-dernière du classement des grandes villes au Baromètre Cyclable 2025.
A cet endroit, le danger est tout aussi présent sur le cheminement cyclable illisible – et interrompu par mobilier urbain et autres arrêts de bus – que sur le Cours en 2×2 voies ou les voitures dépassent allégrement les 50 km/h autorisés. On ne peut qu’espérer que l’arrivée du bus M6+ permettra d’enfin repenser cette piste. Ocivélo avait d’ailleurs pu transmettre des suggestions sur les aménagements prévus le long du parcours du bus.


Direction Châteaucreux, mais par où ?
Jusqu’à Châteaucreux, le passage par la rue Etienne Mimard n’est pas conseillé, en effet la piste peinte sur le trottoir s’arrête brutalement devant le Lycée du même nom.
Sur l’avenue de la Libération, la présence de la voie bus permet un passage dans une sécurité relative. Sur le trottoir devant le Lycée Fauriel, l’oeil aguerri notera la présence de petits plots ronds au milieu du trottoir, tentative avortée de faire passer une piste cyclable au milieu de la sortie des lycéens.
Arrivée sur la Place Fourneyron, la rue de Sorbiers est aujourd’hui la seule voie réellement empruntable par les cyclistes pour passer sur le secteur de Châteaucreux. L’absence complète d’indications fait pourtant que la plupart préfèrent continuer tout droit en direction de la rue de la Montat. Il est dommage que ce petit axe réservé à la STAS ne soit pas officiellement autorisé pour les cyclistes, d’autant plus qu’il permet de faire la continuité vers Terrenoire via la rue des Alliés.

Pour alterner par rapport à la balade-enquête précédente, c’est la rue Ferdinand qui a été empruntée. Permettant de contourner la gare et d’accéder rapidement au boulevard Jules Janin, elle constitue, avec son double sens cyclable efficace, un itinéraire plébiscité malgré sa pente.
Il y a quelques mois, la présence de travaux ont nécessité le passage des véhicules par le parking aménagé au milieu de la rue. Une vraie réflexion pourrait être menée pour réaménager ce contournement de manière permanente, afin de réduire la vitesse de tous les véhicules sur cet axe de desserte.


Boulevard Jules Janin : peut mieux faire
Avant de rejoindre le boulevard Jules Janin, les membres de la commission aménagement ont pris le temps d’apprécier un rare panneau de signalisation. La question du jalonnement est très importante et elle manque cruellement à Saint-Etienne. Ocivélo propose pourtant avec la Trame Cyclable une numérotation des axes majeurs qui peut tout à fait être utilisée dans le cadre d’un jalonnement à l’échelle de la métropole de Saint Etienne. C’est notamment ce qui a été le cas à Paris et à Lyon ou les initiatives associatives ont finalement été retenues pour numéroter le réseau structurant.

Sur le Boulevard Jules Janin, le cheminement cyclable passe globalement par les contre-allées. Sans être un véritable aménagement cyclable, l’utilisation des contre-allées reste bien meilleure que d’emprunter le boulevard, le danger principal étant alors les véhicules sortant de leur stationnement.

A l’intersection avec le boulevard Thiers, le franchissement ne peut se faire de manière sécurisée qu’en passant par le passage piéton (en ayant préalablement appuyé sur le bouton pour déclencher le feu piéton). En effet, la voie au niveau de la contre-allée est un tourne-à-droite pour les véhicules motorisés, les vélos ne peuvent donc pas l’emprunter pour continuer tout droit.

L’arrivée sur la Place Carnot se fait à nouveau par une contre-allée. A cet endroit la faible circulation et le stationnement en bataille permettent un passage cyclable relativement sécurisé. En revanche, pour retourner sur le boulevard Jules Janin, l’axe bidirectionnel est envoyé en contre-sens sur le début de la rue Ampère.


Conclusion
Cette Trame Cyclable 3 est probablement l’une des plus hétérogènes en ce qui concerne la qualité de ses aménagements. Si la continuité cyclable est parfaitement assurée sur le secteur de la Métare et même, dans une certaine mesure au niveau du Cours Fauriel, elle disparait complètement à partir du Cours Gustave Nadaud, laissant les cyclistes créer leurs propres itinéraires, ou simplement abandonner leur traversée. Les aménagements cyclables ne doivent pas seulement être conçus pour les jeunes cadres se rendant sur leur lieux de travail, ils doivent faire partie intégrante des déplacements de tous les habitants dans notre ville quel que soit leur âge.
Un bon aménagement cyclable, c’est un aménagement où l’on peut laisser circuler ses enfants sans craindre pour leur sécurité.
Si vous l’aviez raté, nous vous invitons à lire le compte-rendu de la Balade-Enquête qui s’était déroulée le 27 avril, de Steel à Saint Genest-Lerpt en cliquant ici.
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