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Vélo urbain, transport et santé publiquenurse.jpg


Pour parler d'une politique publique de développement de l'usage du vélo, il ne faut pas aborder que la question du déplacement de personnes.
C'est le « tandem » déplacement – santé publique qu'il faut prendre en compte.

En effet les cyclistes sont bien sûr des gens qui se déplacent à l'aide de la force musculaire, sur une machine de faible encombrement et silencieuse. Mais au niveau de la population, c'est l'impact global de la pratique du vélo, comme moyen de déplacement quotidien qu'il faut étudier.
L'augmentation de cette pratique, peut contribuer de façon significative à l'amélioration de la santé de tous les pratiquants, au bénéfice de la collectivité. Les cyclistes qui seront en meilleure santé pèseront moins sur ces fameuses dépenses de santé dont chacun a constaté la croissance.
L'évaluation de l'impact des politiques publiques, impose de reconsidérer la politique cyclable des collectivités avec le volet santé publique associé.
Pas besoin que le docteur donne une ordonnance pour faire du vélo. Mais si le décideur public, améliore les conditions faites aux cyclistes, c'est une médecine douce, sans risque d'épidémie, au contraire.

Le texte joint qui reprend des extraits d'un rapport récent, donne des éléments chiffrés à l'appui de cette approche.

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Extraits du Rapport réalisé pour la Coordination Interministéri elle pour le Développement de l'Usage du Vélo - Corinne Praznoczy, ARRIVA ( décembre 2013)


Près de la moitié des déplacements en France, tous modes et motifs confondus, font moins de 4 km. Pour la voiture, ce sont 37% des déplacements qui font moins de 4 km


L’étude a été réalisée au niveau national, Les effets étudiés sont les suivants :
Bénéfices individuels : effets sur la santé, de l’activité physique, en termes de mortalité et de morbidité Risques individuels : accidentalité supplémentaire, exposition à la pollution atmosphérique
Bénéfices collectifs : réduction de la pollution atmosphérique, du bruit et des gaz à effet de serre, réduction de l’accidentalité grâce aux reports de modes individuels motorisés (automobile et deux-roues motorisés) vers le vélo Risques collectifs : hausse de l’accidentalité entre piétons et cyclistes. L’étude a été conçue dans une approche conservative, qui minimise les bénéfices et maximise les risques, afin que les résultats présentés soient les plus solides possibles, et soient des résultats «a minima »


Un bilan global positif, quel que soit le scénario examiné. Cette étude démontre tout l’intérêt sanitaire de développer une politique en faveur des déplacements domicile-travail à vélo. Les résultats sont bénéfiques en termes de mortalité, de morbidité, d’externalités environnementales et de bilan économique global.
Rappelons que ces scénarios restent réalistes et ne requièrent pas un gros « effort » individuel puisqu’ils sont fondés sur des distances à parcourir identiques à celles constatées aujourd’hui (soit 3,5 km en moyenne par trajet pour les déplacements domicile-travail).
Les résultats du scénario médian (50% d’augmentation de la pratique et un report minimum des modes individuels motorisés vers le vélo, soit 400 millions de kilomètres supplémentaires et 285 000 nouveaux cyclistes) montrent un bénéfice très net pour la mortalité, avec 145 décès anticipés évités.
Ce bénéfice très important en faveur du vélo est essentiellement dû aux bénéfices de l’activité physique qui l’emportent largement, à la fois sur les autres bénéfices et sur l’ensemble des risques. Ainsi, la mortalité évitée est environ 30 fois plus importante que la mortalité supplémentaire.


Le niveau de réduction des risques a été établi pour les pathologies suivantes :
maladie coronarienne : réduction du risque de 30%, maladie vasculaire cérébrale : réduction du risque de 24%, diabète de type 2 : réduction du risque de 20%, cancer du sein : réduction du risque de 15%, cancer du côlon : réduction du risque de 40%.


Pour la morbidité, le passage par le bilan économique permet de comparer le coût des événements de santé évités avec les coûts des accidents de la circulation. Même s’il est moins important que pour lamortalité - particulièrement si on applique un facteur correctif pour prendre en compte la sous-estimation des blessés cyclistes lors d’un accident de la circulation -, le scénario montre un résultat économique positif.
Les externalités environnementales, basées sur le nombre de kilomètres évités en véhicule particulier motorisé, sont positives, aussi bien pour la réduction des nuisances pouvant avoir des effets sur la santé (baisses des émissions de polluants et du bruit) que sur un plan financier.
Enfin, le bilan économique global est élevé ( avec le facteur correctif d’accidentalité) : 151 millions, soit un gain sanitaire de 38 centimes par kilomètre parcouru.

Un effet sur la réduction des inégalités sociales et territoriales de santé
Favoriser les déplacements domicile-travail à vélo, avec des choix politiques soutenus, particulièrement en termes d’incitations ou d’aménagements, permettrait de participer à la réduction des inégalités de santé.
Le moindre coût des déplacements à vélo comparé aux autres modes (sauf la marche) engendre des
économies sur le poste des transports qui pèse en proportion plus fortement sur les ménages moins aisés.


Ceux-ci connaissent par ailleurs une espérance de vie moins élevée : l’écart d’espérance de vie à 35 ans entre un cadre et un ouvrier s’élève à plus de 6 ans chez les hommes, à 3 ans chez les femmes.
Un homme de 35 ans a ainsi 27 % de risque de mourir avant 70 ans s’il est ouvrier et 13 % s’il est cadre (respectivement 11 % et 7 % pour une femme). Ces différences s’expliquent en partie par un mode de vie plus favorable à une bonne santé : les comportements de santé à risque, le moindre recours et accès aux soins, ou encore l’obésité sont plus fréquents chez les ouvriers que chez les cadres.


Les gains seraient ainsi multiples : gain d’amélioration de santé, gain financier non négligeable dans une période où 16 % de la population métropolitaine déclare avoir renoncé à des soins pour des raisons financières et enfin un accès facilité à la mobilité.
Télécharger :
Les avantages sanitaires de la pratique du vélo dans le cadre des déplacements domicile-travail (PDF - 887.4 ko)

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Des experts sont formels : ne pas utiliser sa voiture est bon pour la santé

Eurek Alert

mercredi 8 octobre 2014

S’il fallait une preuve scientifique, la voici ! Des chercheurs de l’Université d’East Anglia, au Royaume-Uni, constatent qu’aller au travail à pied ou à vélo est bon pour notre santé mentale, tandis que l’usage quotidien de la voiture contribue au mal-être.


D’après une recherche récente menée par des spécialistes en économie de la santé, à l’Université d’East Anglia et au Centre de recherche pour l’alimentation et l’activité physique (CEDAR), aller au travail à pied ou à vélo est meilleur pour notre santé mentale qu’y aller en voiture.

Leur étude révèle que les personnes ayant abandonné la voiture au profit de la marche à pied ou du vélo pour aller au travail s’en trouvent mieux. En particulier, ceux qui faisaient la navette entre la banlieue et leur lieu de travail en faisant de l’exercice se sentaient plus à même de se concentrer et moins sous pression que s’ils prenaient leur voiture.

Ces bienfaits viennent en tête dans la liste des bénéfices en termes de santé physique liés à la pratique de la marche ou du vélo, qui sont déjà largement reconnus.

Les transports en commun meilleurs pour le mental que la voiture

Les experts ont également remarqué que prendre les transports en commun est meilleur pour notre bien-être psychologique, qu’être au volant de sa voiture.

Le directeur de recherche Adam Martin du CHU Norwich – Université d’East Anglia précise : « Chose surprenante, les voyageurs réguliers ont confié être en meilleure forme quand ils prenaient les transports publics plutôt que leur voiture. On pourrait penser que des facteurs comme des pannes techniques ou des foules de voyageurs auraient pu être une cause majeure de stress.

Mais puisque les bus ou les trains permettent aux gens de se détendre, de lire, d’avoir des contacts, et que souvent est inclus un trajet à pied jusqu’à l’arrêt de bus ou la station ou la gare, il s’avère que l’ensemble met les gens de bonne humeur. »

Des données recueillies sur dix-huit ans

L’équipe de chercheurs a étudié des données recueillies en Angleterre auprès de 18 000 voyageurs âgés de 18 à 25 ans et s’étalant sur une période de dix-huit années. Les données leur ont permis d’observer de multiples aspects de la santé psychologique, parmi lesquels le sentiment de perdre son temps, l’insatisfaction, un sommeil perturbé et le sentiment de ne pas arriver à faire face.

Les chercheurs ont aussi fait état de nombreux facteurs connus pour affecter le bien-être : le salaire, les enfants, un déménagement ou un changement d’affectation et un réseau relationnel qui se modifie.

L’étude montre également que le temps de trajet entre en ligne de compte. Adam Martin a indiqué : « Notre étude montre que plus les gens passent de temps dans leur voiture, plus leur bien-être psychologique en pâtit. Et de la même façon, les gens se sentent mieux quand ils doivent effectuer une plus longue marche sur le chemin du travail. »

3, 1 % seulement d’utilisateurs de vélo

Des données datant du recensement de 2011 (en Angleterre et au Pays de Galles) révèlent que parmi les gens qui permutent au quotidien, 67,1 % utilisent un véhicule personnel, alors que 17,8 % utilisent le réseau public de transport, 10,9 % vont à pied et seulement 3,1 % prennent leur vélo.

Ce récent rapport vient contredire une étude réalisée par le Bureau National des Statistiques au Royaume-Uni, intitulée « Faire la Navette et Être en Forme, 2014 », parue en février, étude statistique qui constatait que les gens allant au travail à pied ressentaient davantage d’insatisfaction, comparés aux gens prenant leur voiture, et que les cyclistes étaient moins heureux et plus angoissés que les autres voyageurs réguliers.


La recherche a été menée au CHU Norwich de l’UEA par le Département de l’Economie de la Santé, et au Centre de l’Economie de la Santé, Université de York. Elle a été financée par le CEDAR, une collaboration inter-disciplinaire entre l’UEA, l’Université de Cambridge et le département MRC de Cambridge.

« Se rendre au travail en faisant de l’exercice améliore-t-il notre bien-être psychologique ? Des preuves de 18 études successives du British Household Panel Survey » est publié dans le journal Preventive Medicine du lundi 15 septembre.


Source : Eurek Alert / Traduit par Anouk Martin pour Reporterre


Date de création : 27/02/2014 @ 22:52
Catégorie : Au choix - Documentation-Dossiers
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